Saint Joseph et les Brebis de Jésus

« Quand un groupe d’enfants entre dans la bergerie,
c’est qu’un cœur paternel les y conduit.
Reconnaissons là, la main de Joseph, douce et rassurante,
veillant sur le Corps mystique de son Fils adoptif. »
(Sr Jocelyne, Le petit journal des Brebis de Jésus, vol. 5, mars-avril 1999)

Répondant à l’invitation du pape François de contempler saint Joseph au cours de cette année qui lui était dédiée, soit du 8 décembre 2020 au 8 décembre 2021, une série de trois articles adressés tout particulièrement aux lecteurs et lectrices du petit journal des Brebis de Jésus a été proposé. Ces articles n’avaient qu’un but : faire aimer le père adoptif de Jésus et voir comment, depuis la fondation du Mouvement, il a inspiré sœur Jocelyne. Selon le souverain pontife, le monde a « besoin de pères » et saint Joseph en est un modèle à bien des égards. C’est ainsi que nous l’avons regardé comme un père aimé, un père dans la tendresse, un père dans l’obéissance, un père dans l’accueil, un père au courage créatif. Poursuivant notre lecture de la lettre apostolique Patris corde, nous le verrons aujourd’hui comme un père travailleur et un père dans l’ombre. Puissions-nous redécouvrir ce « trésor » de l’Église qu’est saint Joseph !

Joseph, un père travailleur

La main dans ta main,
il va se mettre en chemin.
(Prière du temps présent)

« N’est-il pas le fils du charpentier ? » (Mt 13, 55) C’est ainsi qu’est reconnu Jésus dans son milieu. Oui, Joseph est un simple artisan, un charpentier qui a travaillé honnêtement pour assurer la subsistance de sa famille. Il est l’homme responsable qui prend soin de Marie et de Jésus qui « a appris de lui la valeur, la dignité et la joie de ce que signifie manger le pain, fruit de son travail » précisera le pape François. C’est à ses côtés que Jésus lui-même est devenu travailleur et qu’il a appris son métier. Il est facile de les imaginer tous les deux dans l’atelier de Nazareth, et nul doute que parlant de son Père des cieux, cette image de Joseph lui venait à l’esprit quand il disait : « Mon Père travaille toujours et moi aussi je travaille. » (Jn 5, 17)

Si la solennité de saint Joseph est bien célébrée le 19 mars dans l’Église universelle, plusieurs pays du monde célèbrent saint Joseph Artisan, patron des travailleurs, le 1er mai. C’est le pape Pie XII qui a officiellement institué cette solennité en 1955. Mais avant lui, Pie XI avait déjà désigné saint Joseph comme un modèle pour les travailleurs : « Par une vie de fidélité absolue dans l’accomplissement du devoir quotidien, il a laissé un exemple à tous ceux qui doivent gagner leur pain par le travail manuel (Encyclique Divini Redemptoris). » Cependant le travail ne se réduit pas seulement à gagner son pain. C’est bien dans le travail que l’être humain s’épanouit, qu’il déploie ses compétences, contribuant ainsi à la croissance de l’humanité et participant par le fait même à l’avènement du Royaume. Malheureusement, notera le pape François, le travail est souvent un lieu de souffrances qui a ses effets particulièrement dans la famille : « Une famille où manque le travail est davantage exposée aux difficultés, aux tensions, aux fractures et même à la tentation désespérée et désespérante de la dissolution. » Sœur Jocelyne sera touchée par la détresse de tous ces enfants, Brebis de Jésus, qui vivent les douloureuses conséquences de la séparation de leurs parents. Dans ce contexte, quel serait notre rôle ? Baptisés, nous sommes appelés à porter la couleur de l’Évangile, à mener le combat pour permettre un travail plus juste, mieux rétribué, mieux respecté afin que « la personne qui travaille [découvre que], quelle que soit sa tâche, [elle] collabore avec Dieu lui-même et devient un peu créatrice du monde qui nous entoure ».

Joseph, un père dans l’ombre

Jésus, en regardant Joseph,
verra l’image du Père.
(Prière du temps présent)

Se référant à un écrivain polonais, le pape François complète sa présentation de Joseph avec cette image très suggestive de l’ombre. Joseph est pour Jésus « l’ombre sur la terre du Père céleste. Il le garde, le protège, ne se détache jamais de lui pour suivre ses pas. Pensons à ce que Moïse rappelle à Israël : “Tu l’as vu aussi au désert : Yahvé ton Dieu te soutenait comme un homme soutient son fils” (Dt 1, 31). C’est ainsi qu’il va exercer la paternité pendant toute sa vie. »

Dieu choisit Joseph comme époux de Marie pour assurer une présence paternelle auprès de Jésus. Doté de grandes qualités, il a été appelé à donner un nom à l’enfant et, comme tout bon père, il va aider Jésus à grandir, l’accompagner dans son enfance et son adolescence, pour lui donner sa place dans ce monde élu pour accueillir le Sauveur. Jésus écoutait et observait avec attention Joseph dans la vie quotidienne, à la maison, dans ses relations de travail. En lisant l’Évangile, nous pouvons imaginer tout ce que Jésus a reçu de ce père. Il a été marqué par sa délicatesse et sa force, sa droiture et son courage. Il se soumit à lui avec sagesse et amour.

C’est d’abord à Joseph que Jésus a dit Abba, ce mot qui exprime cette grande intimité d’un père avec son enfant. Jésus reconnut en lui les traits les plus parfaits de son Abba dans les cieux. Ce mot va caractériser la prière de Jésus et sa relation d’amour inconditionnel à Dieu. Cela fera scandale : « Les Juifs cherchaient à le faire mourir… il disait que Dieu était son propre Père. » (Jn 5, 18) Être père, c’est tout le bonheur de Joseph, car écrit le pape François, « le bonheur de Joseph n’est pas dans la logique du sacrifice de soi, mais du don de soi… Être père signifie introduire l’enfant à l’expérience de la vie, à la réalité. Ne pas le retenir, ne pas l’emprisonner, ne pas le posséder, mais le rendre capable de choix, de liberté, de départs, car la logique de l’amour est toujours une logique de liberté, et Joseph a su aimer de manière extraordinairement libre. Il ne s’est jamais mis au centre. Il a su se décentrer, mettre au centre de sa vie Marie et Jésus. »

« Manifester l’amour préférentiel de Dieu pour chacune de ses brebis », tel est le charisme des Brebis de Jésus. Et c’est dans sa lumière que sœur Jocelyne appellera les bergères et bergers à demeurer toujours dans la condition de Joseph « ombre de l’unique Père céleste », pour conduire les enfants qui leur sont confiés à la rencontre du Bon Berger.

Avec le pape François, dans une foi profonde, adressons à saint Joseph cette prière qui conclut sa lettre apostolique Patris Corde :

Salut, gardien du Rédempteur,
époux de la Vierge Marie.
À toi Dieu a confié son Fils ;
en toi Marie a remis sa confiance ;
avec toi le Christ est devenu homme.

Ô bienheureux Joseph,
montre-toi aussi un père pour nous,
et conduis-nous sur le chemin de la vie.
Obtiens-nous grâce, miséricorde et courage,
et défends-nous de tout mal. Amen.

Article écrit par : Sr Lise Jacob s.f.a.
pour le petit journal des Brebis de Jésus.

Cet article fait partie d’une série de trois articles parlant de saint Joseph.
Vous pouvez lire ces articles en suivant les liens ci-bas.

Voir aussi:

Saint Joseph, un cœur de père, article 1 de 3, PDF, p. 7

Comme Joseph, accueillir courageusement Jésus et Marie!, article 2 de 3, PDF, p. 6